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Monday
26
January
2026

LE CHOIX D'UN INSTRUMENT ATYPIQUE

Sommaire

  1. Pourquoi certains enfants choisissent-ils un instrument atypique ?
  2. Eliott, 9 ans, et le hautbois : une évidence
  3. Alice, 12 ans, et le basson : la rencontre avec un instrument… et une professeure
  4. Salomé, 9 ans, et la harpe : ne pas se laisser décourager par les contraintes
  5. Inthi, 12 ans, et le cor : la découverte grâce à une histoire
  6. Six conseils pour accompagner son enfant dans le choix de son instrument

Le choix d'un instrument atypique

Guitare ou hautbois ? Piano ou basson ? Violon ou alto ? Pourquoi tandis que certains enfants choisissent des instruments largement répandus, d’autres décident d’apprendre à jouer des instruments moins familiers, voire méconnus ? Dans cet article, nous vous proposons de découvrir le témoignage de quatre élèves de l’EML qui ont eu un coup de cœur pour un instrument rare, ainsi que des astuces, en fin d’article, pour accompagner son enfant dans le choix de son instrument.

Eliott, 9 ans, et le hautbois : une évidence

Comme beaucoup d’enfants, Eliott avait une idée précise lorsqu’à l’âge de 6 ans il a exprimé l’envie d’apprendre à jouer d’un instrument. Au départ, c’est la batterie qui avait sa préférence, un instrument découvert chez un copain. Sa mère décide toutefois de l’amener aux portes ouvertes de l’EML, afin de confirmer ce choix. Là, le petit garçon découvre un instrument pour lequel il a un véritable coup de cœur.

« On a fait le tour des instruments pour qu’il les essaie, et le hautbois était le dernier. Après l’avoir essayé, il a dit« C’est ça que je veux faire » », raconte sa maman, impressionnée alors par la détermination précoce de son fils. Eliott se souvient quant à lui de l’aisance ressentie très rapidement avec l’instrument, tandis que la batterie ne lui plaisait finalement pas tant que ça.

Sa mère accepte de l’inscrire à des cours, à une condition : qu’il s’engage pour l’année entière. Aujourd’hui, cela fait 4ans qu’Eliott pratique le hautbois et s’exerce tous les soirs. « Je dois parfois le lui rappeler, mais il ne rechigne pas. Il est vraiment content de jouer », rapporte sa maman. Il apprécie le caractère original de son instrument qui lui permet d’exprimer ses émotions, ainsi que la sensation ressentie dans sa cage thoracique lorsqu’il joue.




Alice, 12 ans, et le basson : la rencontre avec un instrument… et une professeure

L’histoire d’Alice est celle d’un coup de foudre inattendu pour un instrument méconnu. A 8 ans, elle découvre différents instruments présentés par des professeur.e.s de l’EML lors d’une semaine de découverte organisé lors de son cours d’initiation musicale. Les enfants disposent alors d’un petit cahier avec chaque instrument illustré, dans lequel ils colorient des cœurs pour exprimer leurs préférences.

Lorsque vient le tour de la professeure de basson, Alice est emballée. Tandis qu’elle avait attribué trois cœurs à plusieurs instruments, elle ajoute spontanément un quatrième cœur au basson, dépassant le système prévu. « Je ne sais pas, c’était trop bien. Le son, l’instrument, il était trop beau », se souvient la jeune fille qui se découvre un attrait pour les sons graves.

Sa maman, pianiste, reconnaît qu’elle ne connaissait pas particulièrement cet instrument. « Avec son père, nous avions évoqué le violoncelle en plaisantant, mais le but n’était pas de l’influencer. Nous étions ouverts à son choix ». Elle contacte rapidement la professeure qui, selon elle, a aussi joué un rôle important. Un cours d’essai vient confirmer l’envie d’Alice et la bonne entente avec l’enseignante.

Après près de quatre ans de pratique, la jeune fille est passée du fagottino, un petit basson adapté aux enfants, à un basson de taille standard. Fière de jouer d’un instrument rare qui la distingue, notamment à l’école, elle aime le faire découvrir à ses camarades.

De son côté, sa maman a elle aussi appris à apprécier la sonorité du basson et accompagne parfois sa fille au piano, un instrument avec lequel il se marie très bien.

Salomé, 9 ans, et la harpe : ne pas se laisser décourager par les contraintes

Depuis bientôt deux ans, Salomé apprend avec passion à jouer de la harpe. Après deux années d’initiation musicale et une année de rythmique-solfège, elle développe un attrait pour plusieurs instruments à cordes : violoncelle, contrebasse, harpe…

Pour l’aider dans son choix, sa mère l’amène aux portes ouvertes de l’EML où Salomé peut découvrir et tester les instruments qui l’intéressent. Elles assistent également à des auditions de classes de harpistes. C’est finalement la harpe qui l’emporte, notamment pour son confort de jeu. « Je me sentais plus à l’aise qu’avec le violoncelle, et je trouvais difficile d’utiliser l’archet. J’avais aussi l’impression que la harpe permettait de jouer de manière plus variée », explique-t-elle.

« Au début, je n’étais pas très emballée par l’envergure de la harpe », reconnaît sa maman qui a finalement accepté ce choix pour préserver la motivation sur le long terme. « Il faut choisir l’instrument que l’enfant a envie de faire, sinon il ne va pas travailler ».Si elle doit parfois rappeler à Salomé de pratiquer, celle-ci reste très motivée et contente d’aller au cours.

Des solutions pratiques existent par ailleurs pour faire une place à l’instrument même en logeant dans un appartement. Les enfants commencent avec des harpes plus petites, en location. Celle de Salomé reste généralement à la maison et elle utilise les instruments de l’EML pour les cours et les concerts.


Inthi, 12 ans et le cor : la découverte grâce à une histoire

A 6 ans, Inthi est fasciné par le livre audio Pierre et le Loup, qu’il écoute souvent. Dans cette œuvre, celui qui a sa préférence, c’est le Loup, et avec lui, l’instrument qui lui est associé : le cor.

« Il avait une vraie fascination pour cet instrument », explique sa maman. « Nous étions surpris, parce qu’il semblait difficile, mais nous l’avons accompagné ». La famille assiste au spectacle Pierre et le Loup, puis aux portes ouvertes de l’EML, afin qu’il puisse voir l’instrument de près avant de s’engager. « Il n’y avait pas d’autre instrument qui m’intéressait. C’était celui-là ou rien », se souvient-il.

Les contraintes acoustiques inquiètent d’abord les parents. Pour limiter les nuisances, sa mère l’encourage à jouer dès son retour de l’école, avant que les voisins ne rentrent. « Il faut en tenir compte, car ce n’est pas un instrument discret, mais le son est magnifique », confie-t-elle.

Si les débuts ne sont pas simples, Inthi progresse et prend aujourd’hui beaucoup de plaisir à jouer de cet instrument atypique qui correspond bien à sa personnalité. Il arrive même que des passants l’interpellent lorsqu’il se rend à son cours avec son cor. « Les gens me demandent ce que c’est, si c’est difficile à jouer. J’aime bien leur expliquer, c’est positif de faire un instrument plus rare », raconte-t-il.


6 conseils pour aider son enfant à choisir son instrument
1. Identifier les sons que préfère l’enfant : graves ou aigus, et les familles d’instruments qui l’attirent.
2. Profiter des portes ouvertes pour découvrir des instruments moins connus.
3. Assister à des auditions, afin de confirmer l’intérêt.
4. Faire un cours d’essai pour tester l’envie initiale et rencontrer le ou la professeur.e.
5. Du côté des parents, garder l’esprit ouvert malgré les contraintes logistiques ou acoustiques qui nous apparaissent : des solutions existent, comme les instruments adaptés, la location et les dispositifs pour réduire le volume sonore.
6. Encourager l’enfant à s’engager pour l’année, afin de dépasser les premières difficultés pour accéder au plaisir et à la fierté.

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